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Humanitaire et terrorisme: la porte étroite ?
Jeudi 19 juin 2008 à 17h00

Intervenants
Louise Avon Déléguée à l'Action Humanitaire

Rony Brauman Chercheur à Médecins Sans Frontière

Balthasar Staehelin Directeur adjoint des opérations, CICR

Michel Veuthey Vice-président, Institut International de Droit Humanitaire


"Erigé depuis 2001 par le Conseil de sécurité de l'ONU comme l'une des menaces les plus graves à la paix et à la sécurité internationale, le terrorisme est devenu la préoccupation majeure. D'une part, ses manifestations sont devenues plus spectaculaires, plus médiatisées et parfois quotidiennes comme en Irak ; d'autre part, certaines ripostes des Etats, en bafouant ouvertement les droits élémentaires attachés à la personne humaine et en stigmatisant certains groupes, deviennent tout aussi illégales.

Dans ces contextes qui conduisent les uns et les autres à se replier sur des positions identitaires fortes de rejet, à une sorte de bipolarisation entre les bons et les méchants, l'aide humanitaire neutre et impartiale peut-elle se poursuivre ? Si oui, comment ? Et à quel prix ? En effet, pour remplir leur mission première, les organisations humanitaires doivent dialoguer avec tous les belligérants, y compris avec des groupes armés d'opposition qui ont toujours été, à un moment ou à un autre, mis au ban de la société internationale. Le fait que certains de ces groupes soient aujourd'hui officiellement qualifiés de "terroristes" rend-t-elle la mission des humanitaires plus complexe ? Les humanitaires ont-ils plus de difficulté à entrer en contact et à dialoguer avec ces groupes ? Ont-ils accès à tous ? Doivent-ils choisir leur camp ? Le délégué du CICR demeure-t-il "le troisième combattant' ? Certaines victimes ne risquent-elle pas d'être oubliées ?

Par ailleurs, les humanitaires sont, par nature, amenés à exercer leurs missions sur des terrains les plus risqués de la planète. Leur activité est-elle devenue plus dangereuse ? Bien que protégés par le droit international humanitaire, les personnels humanitaires sont parfois directement visés par ces actes de terrorisme. Ces faits sont-ils le résultat d'un dialogue défaillant avec certains belligérants ? Défaillance conduisant à ce que les organisations humanitaires qualifient de "non acceptation" ?

Tiraillé, chahuté, manipulé, voire intégré, face au terrorisme et à ses conséquences, l'avenir de l'humanitaire est-il compromis ? Face au terrorisme, l'humanitaire neutre et impartial est-il armé ? Que dit le droit ? Si le droit est impuissant, que reste-t-il ?"

Cette discussion s'inscrit dans la série de débats thématiques, "Les 5 à 7 du CICR", organisés courant 2008, à l'initiative de la Délégation du CICR en France.

Le débat sera transmis en direct sur le site de France Info


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